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Damien Saez lors de l’excellente émission « Ce Soir ou jamais » du 9 mars 2010 sur France 3

* Je peux le lire aussi

Aux agneaux égorgés au loin,
Le chant du coq dans le lointain,
À l’orée des grands champs de blé,
L’humanité les poings liés,
Scotché à la lisière du bois,
Petit poucet cherche pourquoi,
Ses parents ont capitulés,
Au grand vent des communicants,
De tous nos temples, les églises,
N’ont plus le grand des cathédrales,
Au temps des anarchitectures,
Et des lance-pierre contre les murs,
Les sacs de bille ont pris le large,
Et les amours au coin des griffes,
Toutes ces choses d’autrefois,
Putain, je ne vois plus la rive.
Puisqu’il faut accepter du temps,
L’évolution toujours plus bas,
Au vulgaire des concessionnaires,
Des libertés pour nos enfants,
Il sera équipé, c’est sûr,
Pour parler à la terre entière,
Mais n’aura rien à dire- bien sûr,
Que ce qu’il voit sur les écrans,
Certains- les plus bourgeois toujours,
Sauront savoir garder leurs plumes,
Quand le peuple verra ses ailes
Blessées sous les coups de l’enclume,
C’est fini le temps des instruits,
Le temps des populaires aussi,
Fini le temps des littéraires,
Au-dessus des comptes bancaires,
Et des lilas dans les bouquets,
Oublié le temps des muguets,
Je ne vois que des chrysanthèmes,
Des orthographes dans les poèmes,
Fini les latines, les racines,
Au bon dos de nos origines,
Fini la parole sacré,
Bonjour la parole au plus con,
Fini les ni bon Dieu ni maître,
L’heure est au client du paraître,
Fini le temps de nos jeunesses,
Fini le temps des rossignols,
Fini salut à toi mon frère,
L’heure est au chant des électrons,
Abonnez-vous, peuple de cons,
Par satellite à d’autres cons,
À chacun son boulot bien sûr,
Au libre-échange du néant,
Sûr, c’est la liberté d’expression,
Sûr c’est la liberté d’être con,
La liberté d’être ignorant,
Tous égaux dans le carnaval,
Je sais mon ami, ça fait mal,
Pour clamer à tous les faubourgs,
Surtout à tous les râteliers,
Nos faiblesses et puis nos discours,
Sur nos tristes identités,
Salut à toi, frère de faubourgs,
Salut à toi, le bérurier,
Salut à toi, frère de banlieue,
Toi qu’on voudrait laisser pourrir,
Dans le guettho des consommants,
Dans le guettho des illettrés,
Salut à toi, femme au combat,
Toi dont la lutte à pris la rouille,
Comment te dire: mais de nos jours,
Oui, le féminisme manque de couilles,
Salut à toi, l’étoile au loin,
L’illuminée de nos chemins,
S’éclairera bientôt je sais,
Si l’on n’en perd pas le parfum,
Vigilance à tous nos esprits,
Et feu de tous nos journalismes,
Puisque toujours il faut combattre,
Des nouveaux temples les fascismes,

Damien Saez.

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